Job
Élihu reprit et dit:
Imagines-tu avoir raison,Penses-tu te justifier devant Dieu,
Quand tu dis: Que me sert-il,Que me revient-il de ne pas pécher?
C’est à toi que je vais répondre,Et à tes amis en même temps.
Considère les cieux, et regarde!Vois les nuées, comme elles sont au-dessus de toi!
Si tu pèches, quel tort lui causes-tu?Et quand tes péchés se multiplient, que lui fais-tu?
Si tu es juste, que lui donnes-tu?Que reçoit-il de ta main?
Ta méchanceté ne peut nuire qu’à ton semblable,Ta justice n’est utile qu’au fils de l’homme.
On crie contre la multitude des oppresseurs,On se plaint de la violence d’un grand nombre;
Mais nul ne dit: Où est Dieu, mon créateur,Qui inspire des chants d’allégresse pendant la nuit,
Qui nous instruit plus que les bêtes de la terre,Et nous donne l’intelligence plus qu’aux oiseaux du ciel?
On a beau crier alors, Dieu ne répond pas,A cause de l’orgueil des méchants.
C’est en vain que l’on crie, Dieu n’écoute pas,Le Tout-Puissant n’y a point égard.
Bien que tu dises que tu ne le vois pas,Ta cause est devant lui: attends-le!
Mais, parce que sa colère ne sévit point encore,Ce n’est pas à dire qu’il ait peu souci du crime.
Ainsi Job ouvre vainement la bouche,Il multiplie les paroles sans intelligence.